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Les actualités du Domaine

Prochains événements, idées de recettes, vie du domaine... Partagez l’actu de Cauhapé et l’art de vivre le vin en Jurançon.

L'esprit de Cauhapé

Article paru dans la République des Pyrénées le 1er octobre 2021.
Auteure EMMA CHEVAILLIER - Photos Ascension Torrent.

Les vendanges ont débuté dans le Jurançon. Au domaine Cauhapé à Monein, une trentaine de travailleurs se relaient. Notre reportage au coeur de la récolte.

Article paru dans la République des Pyrénées le 1er octobre 2021. Auteure EMMA CHEVAILLIER - Photos Ascension Torrent.

Sécateurs, cagettes et petites mains : les grappes de raisin, bien épanouies, tombent rapidement. Les vendanges battent leur plein au domaine Cauhapé de Monein, situé sur les coteaux du Jurançon. En cette fin de mois de septembre, trente personnes s’attellent au dénudage des vignes. Cueilleurs et ramasseurs se coordonnent dans cette valse du raisin.
Cheveux noirs, tenue de travail et bottes en caoutchouc, Henri Ramonteu, le vigneron patron du domaine, veille sur l’équipe : « Ce sont essentiellement des locaux, on n’a presque pas de travailleurs étrangers cette année ». « Attention, tu as oublié une grappe ! », indique-til à une vendangeuse, avant de se flatter malicieusement d’avoir « un oeil de lynx » Les vendangeurs vont répéter les mêmes.
gestes chaque jour sur deux hectares, jusqu’à faire les 54 du domaine. Ils arpenteront le sol de ces vignes pendant un mois. « Certains ont abandonné au bout de quelques semaines, c’était trop dur », indique le chef d’équipe. Mais ce jour-là, les ouvriers sont nombreux, cachés par la hauteur des feuillages.

Odeur de champignons

Les forêts de chêne et de châtaigniers bordent les vignes du domaine Cauhapé. L’automne a favorisé la pousse des cèpes, qui ont bien sorti leurs chapeaux de terre. Henri Ramonteu s’est empressé d’aller en cueillir en début de matinée. « Cette odeur, elle embaume vraiment l’espace, décrit-il. Ça donne du goût au raisin ». Charge à chacun d’y croire ou pas.
Gorgées de jus, légèrement acides, les baies de petit et gros manseng, se révèlent sous les feuilles de vigne. Le patron du domaine les assemblera pour produire des vins blancs secs. Dans les bouteilles, « ils manifesteront des notes de fruits frais », avec une « odeur de pamplemousse », promet le vigneron.
Ces baies connaîtront toutes le même parcours. Les rafles, c’est-à-dire les supports sur lesquels les raisins sont accrochés, font un premier tour à l’égrappoir. Un passage obligé pour éviter une trop grande amertume dans le verre. Ecrasées, ratatinées : les raisins font alors connaissance avec le pressoir.
Un jus blanc coule ensuite jusqu’aux généreuses cuves inox qui trônent dans la cave du domaine.

« JE SUIS UN PAYSAN AVEC UN P MAJUSCULE,
CAR J’Y METS UN PEU DE NOBLESSE».

Il reposera ici une douzaine de jours, jusqu’à fermentation. L’élevage en fût de chêne durera ensuite six mois. Ce que signifie la terre L’histoire du domaine Cauhapé et de son propriétaire s’écrit sur quarante années. Henri Ramonteu, fils de paysans, prend les rênes du domaine au début des années 80. Le monde du vin et le commerce, il n’y connaissait rien. Ses parents lui ont toutefois appris ce que signifiait la terre et le travail parfois rude, parfois sublime, qu’elle implique. «Je suis un Paysan, avec un P majuscule, car j’y mets un peu de noblesse», appuie le très fier vigneron 100 % Béarnais. Les terres du Jurançon sont une évidence. Le sol argileux, les caprices du ciel, le frôlement des montagnes… Il ne pouvait être qu’ici.En 1984, il connaît sa première consécration. Le célèbre guide gastronomique Gault et Millau le révèle
Douze ans plus tard, le prix de la bouteille de l’année de « la Revue du Vin de France » revient au domaine Cauhapé.

Intuition

« vigneron de l’année », une nomination qui existe encore aujourd’hui. Depuis quelques années, le vigneron a entamé plusieurs tournants. Le jurançon moelleux, déployant sa rondeur dans les papilles des gourmets, n’a plus autant la cote. « Le nouveau consommateur fuit toute sucrosité», assure Henri Ramonteu. « Je n’ai jamais fait le vin en fonction de mes goûts, je les conçois en fonction du consommateur. » Résultat, 75 % de ses raisins produiront du jurançon sec, des cuvés aux noms poétiques : « Chant des vignes », « Quatre temps » ou la petite dernière « Belle des vignes ». Le vigneron, sent, capte et met en application
cette évolution des tendances. Le membre de l’Académie des vins de France, cette organisation qui a pour but la défense des crus hexagonaux, le dit lui-même : il a de « grandes ambitions » pour son vin. Chemin et coronavirus faisant, il a même décidé d’abandonner tout produit de synthèse, d’engager cette fameuse « transition ». Pour l’instant, les étiquettes n’affichent pas encore de labels bio ou attestant de pratiques biodynamiques : «Je n’ai pas besoin de me faire remarquer, la vérité est dans le verre », affirme Henri Ramonteu. Désormais, « les vignes sont soignées en phytothérapie ». Dans les faits « la vigne se porte beaucoup mieux », s’enthousiasme-t-il. En ce jour de vendanges, les feuilles et les raisins affichent en effet des couleurs éclatantes, égayées par un ciel lumineux.
EMMA CHEVAILLIER