Actualités

Les quatre saisons du domaine Cauhapé

Vigneron inspiré des muses, Henri Ramonteu (Domaine Cauhapé à Monein) n'a pas son pareil pour tresser des louanges au royal jurançon : une vraie déclaration d'amour. La passion d'un jardinier de la vigne. "Moi, c'est la fibre terrienne, l'amour de la nature qui m'ont prédisposé à aller vers le vin, à jardiner  la vigne. Il faut écouter la nature pour en célébrer la générosité. Le vin est une création, un plaisir partagé. Le vin est noble. Il recèle de l'esthétique, de l'élégance, de la richesse. Il fascine par les arômes complexes qu'il exhale à chaque étape de son évolution". Le couturier du petit manseng explore ce subtil potentiel : "C'est un travail d'orfèvre. Une quête méticuleuse. Du cousu main. Un passionnant jardinage pour arriver à sublimer le raisin. Je cultive la beauté de la vigne. Je dois enlever des feuilles pour faire respirer son pied. Dans les grappes, il y a des jus pleins de saveurs solaires.

"Le vin nous vient des divinités romaines"

L'apothéose du petit manseng, c'est la sublimation des goûts torréfiés de pommes cuites au four. Et des jus fabuleux qui gardent une belle acidité. Le vigneron esthète n'intellectualise pas son travail : "On est enviés. Nos vins racés donnent du plaisir en préservant une esthétique rare. Ils ne sont pas faits pour impressionner, mais pour séduire. Je ne suis pas un intellectuel mais un artisan du vin. Il n'y a pas une plante aussi noble que la vigne. Elle fait rêver. L'Antiquité nous fait signe pour nous instruire sur ce produit qui nous vient des divinités depuis l'Empire romain. Au XXIe siècle, le vin a pris une dimension très pointue. Le savoir-faire s'est affiné. Un vin est un enfant qui naît, que l'on bichonne. C'est toujours le reflet d'une griffe, d'une signature. Le vigneron se distingue par son tour de main."

Henri Ramonteu, qui apprivoise en barriques l'or en fusion de vendanges tardives, a une relation quasi sentimentale avec la vigne : "J'y mets le nez dedans, j'examine le pied, sa couleur, j'enlève la feuille, j'ôte la grappe de trop, je respecte les équilibres dans le plus grand respect de la conduite de la vigne, au plus proche du bio, à des années-lumière de la systématisation des traitements chimiques. C'est d'abord là, la qualité qu fait la différence. Quant au reste, il n'y a rien à inventer. Mais à comprendre. A s'adapter".